Enfants du baby boom, Pierre Moïtram et Richard Bernet passaient leurs nuits à jouer avec le tuner onde courte de leurs imposants postes de TSF.Entre les fréquences, ils cherchaient des bribes de musiques orientales, qu'ils écoutaient chacun de leurs côté comme d'insensés récits de voyage. Ces innocents souvenirs, s'ils ne suffisent pas à expliquer leurs évolutions musicales respectives, permettent en tout cas de dater les prémices amoureuses d'une histoire qui les conduit aujourd'hui à signer un étonnant PACS entre musiques indiennes traditionnelles de l'Inde du Nord et musiques électronique d'aujourd'hui. Tous deux ont connu l’Inde de la fin des années 60. Tous deux ont été submergés par les sonorités de ces instruments à cordes, par les rythmes envoûtants des joueurs de tablas. Tous deux ont choisi leurs voies Pierre au sitar, Richard au sarod et à l’esraj. Tous deux ont travaillé avec des grands maîtres en Inde, en France et aux Etats-Unis (Ali Akbar Khan, Pramod Kumar, Debu Chaudhuri...). Tous deux ont répété des heures durant les mêmes parties de ragas, les mêmes enchaînements de notes. Tous deux se sont retrouvés dans le sud de la France. En parallèle d’un trio acoustique baptisé Nataraj, ils ont développé une nouvelle formule où l’indispensable joueur de tablas laisse sa place à un programmateur, “ infographiste” comme il se définit lui-même, du nom de Kapi. Cet enfant de l'après 68, fils du boum boum rock passé à la techno, batteur de formation n’a pas attendu la dernière mode pour faire onduler les boucles naturelles de son ordinateur. Ainsi naissait Nataraj XT au plus chaud de l’été 99. XT comme Extented... Prolongement de leur passion pour la musique indienne, Nataraj XT leur offre la possibilité de défendre auprès d’un nouveau public la complexité rythmique de l’inde éternelle et ses sonorités divines. “A la différence de la musique indienne classique, qui est par essence mélodique et monotonale, les machines nous permettent d’enrichir en harmonies et en ambiances nos compositions” explique Richard. Dans la foulée, sans même reprendre leur souffle, ils enregistrent “Tandava”, un premier album pour prendre date, qu’ils diffusent aussitôt sur la toile mondiale. Une Foule internaute, citoyens d’un monde sans frontières, se connectent alors au fil de leur musique. Parmi eux, quelques journalistes excités par celle première empreinte confortent le trio dans sa démarche créative et novatrice. Alertés par le buzz naissant, les programmateurs de la scène “Nouveaux Talents” du MIDEM 2000 les sélectionnent. A Cannes, en janvier 2000, les télés du monde entier se branchent sur ce nouveau son. De retour dans le studio de Kapi, à proximité des calanques de Marseille, ils replongent dans le bain de la création. Dans la cosmologie indienne, Nataraj, autre forme de Shiva, danse afin de détruire l’ignorance, sur un rythme à huit temps baptisé Tandava. Dans un espace-temps réinventé, Pierre, Richard, Kapi approchent la connaissance en s’imprégnant de la rigueur des ragas et des machines. Réincarnée, à la veille du troisième millénaire, la musique de Nataraj insufle la sagesse pluri-millénaire et visionnaire du sous-continent indien sur le dancefloor. Et bien dansez maintenant...
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dans la catégorie Alternative

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